Citroën et moi

Traversée de Paris - Janvier 2008

  • 13 - Julien sur le Tricycle Benz : teuf, teuf, teuf...
    Quelques photos choisies de la Traversée de Paris 2008, organisée par Vincennes en Anciennes. Une très belle manifestation qui nous a permis de redécouvrir la Capitale en Ancienne : succès garanti, comme le montre l'affluence record (340 participants inscrits ainsi que beaucoup d'autres...), ainsi que la foule venue admirer les machines au Trocadéro. Et en plus, le soleil était de la partie...

Rallye Vacances 65 : de Paris à Vienne (partie 1)

  • 16 - L'Hôtel des 500 bornes
    Ca y est. après tant d'attente, nous sommes enfin arrivés au jour J, le 8 juillet, départ du Rallye "Vacances 65" organisé par Thierry Dubois. Ce n'est pas un rallye comme les autres : ici, pas de chronométrage ni de moyenne imposés : juste un road book indicatif et des points de rassemblement. Le but est de se retrouver, de partager, de revivre un âge d'or disparu, de sortir du quotidien, du présent, pour se retrouver, une fois n'est pas coutume, dans les illusions de la nostalgie. Eric, un des participants du Rallye travaillant, comme moi, pour un constructeur automobile, a écrit cette définition parfaite de la nostalgie : "La nostalgie, c'est comme un bain chaud. Elle dégage un sentiment de bien-être et permet de se soustraire à la réalité froide de tous les jours. N'est-ce pas qu'autrefois tout était mieux, plus paisible, plus doux, plus vrai ? Ou n'est-ce qu'une illusion, puisque, pour demain, aujourd'hui est déjà le passé"... Je vous invite à découvrir quelques photos de cette semaine inoubliable. Je vous invite aussi à lire ma note "Vacances 65", qui évoque ce Rallye en mélangeant le réel et l'imaginaire...Bonne route !

Rallye Vacances 65 : de Vienne à Grasse (partie 2)

  • 16 - L'Esterel
    Suite du Rallye. Nous repartons de Vienne pour la deuxième partie du voyage, sur la N7. En dehors de quelques traversées d'agglomérations devenues difficiles, la N7 reste une très belle route au Sud de Valence. De longues lignes droites paisibles au son des cigales et abrités par les platanes aux traversées de villages beaucoup moins difficile qu'à l'époque, la route est un vrai régal et passe presque trop vite. Nous nous retrouvons toujours avec plaisir aux points de rassemblement pour échanger nos impressions. Nous avons connu très peu d'incidents mécaniques, preuve que nos voitures sont en forme...et ont été bien préparées. En route pour la suite du voyage...

Rallye Vacances 65 : de Grasse à Menton (partie 3)

  • 11 - Chez Thierry
    La fin du voyage approche, nous voici sur la Côte d'Azur. Le temps est magnifique, les payasages grandioses...mais la circulation se densifie. Nous nous arrêtons au poste frontière de Menton, étape ultime, et nous passons et repassons devant des douaniers médusés qui n'avaient certainement pas vu cela depuis le Corniaud. Nous finirons ensuite par rejoindre Saint-Paul de Vence, avec un rassemblement sur la place principale qui nous vaudra une affluence record de touristes qui feront crépiter leurs appareils photos... A dans deux ans....

La Route Nationale 7 en DS 19

  • 14
    Au départ, il y avait une vraie raison qui m'a décidé à entreprendre un périple de près de 1.000 kilomètres jusqu'à Castellane. En effet, j'avais demandé à mon ami Henri Fradet de bien vouloir se pencher sur l'allumage de ma DS 19 qui commençait à donner des signes de faiblesse. Seul hic, il fallait descendre en voiture à Castellane avec la dite DS, en risquant de tomber en panne. Qu'à cela ne tienne, j'ai fait réparer l'allumage à Paris...et je suis quand même descendu à Castellane au volant de ma DS 19 en compagnie de Thierry, dont vous connaissez tous le site internet passionnant sur les Nationales 6 et 7. Nous partîmes à 6h00 du matin, et ce fut un moment extraordinaire de revivre avec cette DS 19 qui fonctionnait à merveille la descente de la Nationale 7 jusqu'à l'Esterel, puis la montée de la Route Napoléon jusqu'à Castellane. Il nous a fallu deux jours pour accomplir ce périple, et nous n'avons vraiment pas trainé ! Que de belles images récoltées le long de ces routes de légende...je vous en ai sélectionné 14, dont certaines passées en sépia nous replongent 40 ans en arrière...En route...!

Tour de France (décembre 05)

  • 4
    Quelques semaines de break m'ont permis de réaliser un vieux rève : celui d'effectuer un tour de France presque sans contraintes horaires, afin de rencontrer des amis, m'arrêter devant un paysage ou dans un village, flâner, admirer... Un voyage au fil des autoroutes et nationales, agrémenté d'un temps d'hiver magnifique. C'est ce voyage qu'évoquent ces quelques photos...

L'incroyable Musée Citroën d'Henri Fradet

  • 13
    Henri Fradet a mis 25 ans à rassembler une collection fabuleuse de Citroën de l'immédiat après-guerre à 1975. Les véhicules qu'il a trouvés se caractérisent par un état de conservation exceptionnel, avec pour la plupart quelques milliers de kilomètres, elle n'ont subi aucune restauration et sont toutes en état de marche. La visite de ce Musée, situé dans un cadre magnifique à Castellane vaut le voyage. En voici un (court) aperçu...

Jubilée DS 2005

  • Le défilé
    Un moment exceptionnel et inoubliable: le jubilée DS qui a eu lieu du 6 au 9 octobre a tenu ses promesses : nombre et variété de voitures présentes, animations, boutiques, expositions : il était impossible de s'ennuyer et ce week end passa trop vite. Voici quelques photos pour le souvenir ...en attendant le prochain jubilé en 2055 ?!!!

Sortie Idéale DS : l'expo Bertoni

  • 12 L'expo
    Le 21 mai dernier, je participais à une sortie émouvante à Sceaux, avec mon Club Idéale DS, sur les traces de Bertoni (voir la note qui lui est consacrée). Le rendez-vous au Parc de Sceaux nous permit d'admirer de nombreuses créations du styliste génial de Citroën qui accompagna les 30 plus belles années de la marque, avec les Traction Avant, 2 CV, DS et Ami 6. Vous pourrez admirer quelques photos des Citroën présentes à cette sortie, sa maison, l'endroit où il est enterré, ainsi 2 visuels de l'expo fort intéressante...Bonne visite.

L' ICCCR 2004

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    Août 2004 : le rassemblement mondial des citroënistes se tient à Interlaken, en Suisse, sur un magnifique sîte, un aérodrome au milieu des montagnes. 3 jours (seulement) pour découvrir des milliers de citroën de tous types, de toutes versions, de la plus ancienne à la plus récente...Ce fut un moment de bonheur intense, qui a lieu malheureusement tous les trois ou 4 ans...Il semblerait que le prochain se déroule en Italie...

L'Âge d'Or Monthléry 2004 : l'album souvenir

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    2004 fut la dernière édition de l'Âge d'Or à Monthléry. C'est avec beaucoup d'émotion que j'y ai fait mes dernières photos de cet événement unique organisé sur un circuit mythique qui a accompagné l'aventure automobile tout au long du XXème siècle. L'Âge d'Or est a présent organisé sur le circuit de Dijon, et y connaîtra, je l'espère, le même succès. Mais la magie de Monthléry a quant à elle vraissemblablement disparu à jamais...

Visite au conservatoire citroën

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    La visite du conservatoire Citroën fut un privilège (ce n'est pas un musée) et un moment jubilatoire pour le passionné que je suis. Le conservatoire a vu le jour il y a quelques années seulement lorsque J-M Folz, nouveau PDG du groupe demanda à voir le patrimoine Citroën et qu'on le traîna dans de sombres sous-sols pour lui montrer quelques véhicules pleins de poussière : personne ne prenait soin jusqu'alors de s'occuper de la "mémoire" de Citroën. C'est désormais chose faite et Citroën reconstitue petit à petit toute sa gamme avec des véhicules en parfaite condition ou restaurés, et y ajoute systématiquement toutes les nouvelles productions sorties de chaîne. Il est également possible de demander un certificat d'authenticité pour son véhicule, étant donné que le conservatoire a recueilli tous les registres de production...Si vous avez la chance de pouvoir visiter cet endroit, allez y, c'est magique...

Mon garage actuel : Ami 6 berline 1963

  • 14
    L'Ami 6 blanc carrare de 1963 trouvée l'été dernier a enfin rejouit mon garage, après une longue remise en route. Avec ses 50.000 kilomètres d'origine, son entretien scrupuleux et son historique limpide (1 seul propriétaire), elle est dans un magnifique état d'origine, sans aucune corrosion. La remise en route ne concerna donc que la mécanique et les freins, et vous avez pu en suivre les différentes étapes sur mon site. Elle roule enfin, et plutôt bien ! Voic quelques photos permettant de se faire une idée de cette voitures au style unique !

Mon garage actuel : DS 19 1958

  • 4 Ma DS 1958
    C'est le tout premier modèle de DS, la conduire est une expérience unique et la regarder, un enchantement...

Mon garage actuel : GS Club Convertisseur 1973

  • 9 - Sur l'autoroute A10...
    Voilà un achat qui n'étonnera pas les lecteurs assidus de Citropersoboulot. J'ai en effet écrit le 19 janvier dernier un article intitulé "Ah non, pas une GS !", dans lequel je faisait part de mon intérêt pour le modèle. Et là, surprise, je trouve la GS de mes rèves moins d'un mois plus tard. C'est encore une belle histoire : une GS 1220 Club de décembre 73, avec l'option boïte à convertisseur, seulement 73.000 km d'origine, 1ère main, jamais repeinte et dans un état absolument incroyable de fraicheur. Je dois cette trouvaille à mon ami Damien qui a effectué une très efficace veille des parutions d'annonces. Je roule donc depuis quelques jours en GS, et je peux vous dire que les 500 premiers kilomètres m'ont confirmé ses très grandes qualités : moteur, confort, tenue de route, freinage, et un look...décalé.

Celles que j'ai eues : Ami 6 break club 1968

  • 6
    Après la berline de 63, voici un break club de 1968 qui rejoint mon Garage. Cette voiture a été restaurée par son ancien propriétaire qui l'a conservée plus de 25 ans. Elle a donc un historique limpide et son état est remarquable, et pour cause : la famille qui me l'a vendue compte un ancien agent Citroën et un carrossier toujours en activité qui a restauré toute la carrosserie, en y passant, m'a t'il dit, un temps sans commune mesure avec la valeur de la voiture. Le moteur, un échange standard Citroën de seulement 40.000 km, vient d'être révisé, la segmentation est neuve, ainsi que l'allumage. La boîte a été également ouverte. J'y ai mis un intérieur d'Ami 6 break en skaï d'époque, qui présente beaucoup mieux que l'intérieur d'origine fatigué : bref, elle est prête à me rendre de bons et loyaux services : Elle me sert le week-end, et je n'hésite pas à l'utiliser, car elle ne correspond pas aux standards de mes véhicules d'origine tout en étant en très bon état de marche et de présentation : je voulais une ancienne pour le quotidien, afin de l'utiliser sans étât d'âme : la voici !

Celles que j'ai eues : Citroën DS 23 i.e.

  • 1 ma Citroën DS 23 i.e.
    La déesse de la route. Quel symbole ! La Citroën DS 23, ultime évolution de l'espèce vous attend...

Celles que j'ai eues : Dyane 4 1968

  • P1010088
    Pas très sexy, une Dyane 4...pas très rapide non plus d'ailleurs. Mais beaucoup de charme dans cette couleur et surtout dans cet état que l'on peut qualifier de concours. C'est Philippe Losson qui me l'a vendue : j'étais allé le voir pour lui dire bonjour...et je suis reparti avec cette auto qui n'avait que 40.000 km d'origine. Je regrette aujourd'hui de l'avoir vendue trop vite : avec son toit en toile découvrable, elle était très agréable en été. Je m'en suis séparé sur un coup de tête car je ne savais pas où la garer. J'aurais certainement dû y penser avant me direz vous...la prochaine fois, je prends un parking, promis !

Celles que j'ai eues : Citroën Traction Avant 1954

  • Ma traction avant
    Voici quelques photos de ma Traction Avant 11 BL 1954. Bienvenue à bord...

Sortie de grange

  • Nouvelle sortie de grange d'un lecteur : DS Pallas 73
    Cet album est le vôtre : j'y publierai les photos de vos "sorties de granges" ou épaves retrouvées...

Mes liens : Automobiles d'autrefois

  • Une mémoire pour l'autodrome
    Un site dédié à la sauvegarde de l'autodrome de Monthléry, lieu d'histoire et de mémoire de l'automobile. Nombreux articles intéressants et infos importantes en provenance de l'exploitant des lieux, l'UTAC.
  • Le garage de Thierry Dubois
    Thierry Dubois a créé ce blog consacré à ses autos, leur histoire, leur restauration...intéressant et bien écrit, comme toujours, cher Thierry...
  • Autos International, le site de l'automobile de collection
    Le site partenaire de LVA, l'autre grande revue sur la voiture ancienne. Très nombreuses annonces.
  • Les panneaux Michelin
    L'histoire des panneaux Michelin qui peuplent nos routes françaises depuis les années 20.
  • Road Movie
    Un site superbe sur le patrimoine routier et urbain avec de nombreuses photos de publicités murales, commerces anciens, publicités dans le métro. Un plongeon dans le passé !
  • Le site du magazine Gazoline
    Le site du magazine phare de la voiture ancienne. Beaucoup d'informations.
  • Nationale 6 et 7
    Le site de Thierry Dubois sur la Nationale 6 et 7. Pour les nostalgiques des années 50-70, lorsque l'autoroute n'éxistait pas encore...Un site superbe régulièrement remis à jour.

Mes liens : petites annonces

  • Où trouver les plus belles DS...
    Philippe Losson est devenu un ami. Il parcours les routes toutes l'année à la recherche des plus belles Citroën. J'y ai acheté plusieurs voitures et je ne peux que recommander son sérieux et son professionnalisme. En plus, il est à Tournus, sur la RN 6...destination idéale pour le week end...
  • Novaweb
    Un annuaire de nombreux sites de négociants d'anciennes affilés. A découvrir...
  • Anciennes de France
    Un bon site de petites annonces d'anciennes. On peut y faire des afaires...

Mes liens : pages Citroën

  • Le site de la GS
    La GS ? Quelle idée ! Longtemps délaissée par les collectionneurs pour son image ringarde et sa fabrication "biodégradable", la GS qui fut un temps le modèle le plus vendu en France se fait de plus en plus rare. Raison de plus pour redécouvrir le modèle, première incursion de Citroën dans la catégorie des voitures "moyennes", mais authentique Citroën par ses solutions techniques et ses qualités dynamiques...ce site fort bien fait comporte une mine d'informations et des petites annonces pour trouver la GS de vos rèves...
  • Le site du Club Idéale DS France
    Voici le nouveau site de mon Club DS...
  • Les Citroën en Asie
    Voici un thème peu commun : les Citroën en Asie. Pierre habite en Asie et sa passion pour Citroën l'a incité à faire un site très intéressant sur les DS présentes dans ces contrées lointaines : Japon, mais aussi Birmanie ou encore Cambodge. Très complet, ce site intéressant nous apprend que là aussi, des passionnés de DS existent et circulent même parfois en DS, ce qui est autrement plus difficile que chez nous, ne serait-ce que pour l'entretien. Les DS en Asie? voici un bon sujet d'article pour votre serviteur. En attendant, allez voir sur ce site qui mérite une visite...
  • Garage Crescia
    Un spécialiste renommé qui restaure toutes les Citroën et en particulier les Chapron, avec une qualité exceptionnelle. Egalement un Musée Citroën à visiter sur RV.
  • Pièces détachées DS
    Un spécialiste de la pièce DS qui propose de télécharger un catalogue très complet.
  • Génération CX
    La CX revient ! N'en déplaise à certains, c'est une vraie Citroën dotée de qualités routières rares. Ce site est le meilleur consacré à ce modèle.
  • Les carrosseries spéciales Traction Avant
    Très beau site sur les carrosseries spéciales (coupés, cabriolets et autres) de la Traction Avant.
  • La Traction universelle
    Le site sympathique du club Traction le plus important en France.
  • SM Passion
    Un site très complet avec historique, anecdotes et petites annonces sur une autre citroën mythique, la SM.
  • Le nuancier de la DS
    Un site remarquable qui recense toutes les couleurs des DS. Indispensable pour les collectionneurs en quête d'origine et intéressant pour les autres.
  • Le site d'Idéale DS
    Le site de mon club...où je retrouve avec plaisir de très nombreux passionnés et de belles voitures...
  • Le site qui recense tous les sites sur Citroën
    Un site qui regroupe l'essentiel des sites existants sur Citroën...
  • Un site sur la SM et un nom qui lui est associé : Régembeau
    Un site qui regorge d'informations sur cette Citroën fabuleuse, la SM.
  • Nuancier DS-ID
    Pour tout savoir sur les couleurs des DS et ID...Une mine d'informations utiles
  • Site sur Paul Mages
    Un site intéressant sur Paul Magès, père de l'hydrlique Citroën et inventeur de génie.
  • Site sur la marque Citroën
    Un site dédié à Citroën avec l'actualité de la marque actuelle et ancienne.
  • L'expo Bertoni
    Un site complet sur ce génie qui contribua à la conception des 3 modèles les plus mythiques de Citroën : Traction, 2 CV, DS mais qui dessina également l'Ami 6...
  • Passion citroên
    Un site très très complet sur la passion vouée par de nombreux amateurs à la marque citroën, nombreuses rubriques, petites annonces, liens, trombinoscope etc...
  • Un site qui a de l'ID...
    Beau site très complet d'un possesseur d'une ID de 68.
  • Citrothello
    Un site remarquable sur une collection Citroën d'exception, et beaucoup de photos de restauration. Nombreux liens intéressants.

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L'automobile et la ville (Partie 1)

Auto et environnement Cela fait bien longtemps que j'avais envie d'écrire sur le thème de "l'automobile et la ville". Mais la chose fut beaucoup plus difficile à appréhender que ce que j'avais imaginé. En effet, c'est un sujet qui ne laisse personne indifférent et qui, très vite, peut déchaîner les foules se répartissant, grosso modo, en pro voitures, pour qui la ville doit s'adapter à l'auto, et en anti-bagnoles, pour qui les voitures n'ont rien à faire en ville, et doivent de ce fait en être exclues.

Comme vous l'avez sans doute constaté, la tendance actuelle des pouvoirs publics penche clairement vers une chasse à la voiture en ville plus ou moins virulente selon les équipes municipales et les mairies. Chacun y va de son plan afin de "redéfinir le schéma d'occupation de l'espace urbain", afin de mieux partager ce dernier et de réduire la place occupée par la voiture au profit des piétons, vélos, et bien évidemment transports collectifs. Qui s'en plaindra ? Personne. Qui n'a jamais rêvé de se promener sans nuisances au coeur de Paris, Londres, Rome ou Barcelone ? Personne.

Réaménager l'hypercentre des villes, même moyennes, est devenu une véritable mission de service public pour les municipalités. Certaines veulent aller plus loin, et décourager tout usage de la voiture en ville, même dans des quartiers plus éloignés. Logique et compréhensible dans le premier cas, la chasse à la voiture devient dans ce deuxième cas une arme idéologique , et engendre bien souvent des situations contre-productives, voire ubuesques, comme c'est le cas dans certains quartiers de Paris, par exemple Boulevard de Sébastopol ou dans le 14ème arrondissement, où les aménagements effectués pour "dégoûter" les automobilistes et autres livreurs ont engendré pollution, perte de temps et désertion de certains commerces de proximité.

Embouteillage C'est toute la difficulté de cette cohabitation entre l'automobile et la ville : où s'arrête le progrès, où commence l'idéologie ? Comment concilier les immenses besoins de déplacement engendrés par toute agglomération avec l'amélioration du cadre de vie et la réduction des nuisances. Tout le monde veut vivre, se nourrir, s'équiper, se divertir, se faire livrer des pizzas un canapé, ou bien un livre commandé sur internet mais qui souhaite voir sa rue, son quartier, bloqué par des dizaines de camionnettes ou de camions qui livrent...ce que nos urbains consomment ? Difficile équation...qui ne date pas d'hier.

En effet, les nuisances en ville sont aussi anciennes que les villes elles-mêmes...il suffit de se pencher sur les quelques textes historiques abordant le sujet pour s'en convaincre...

1. 2.000 ans d'encombrements...

Dès l'Antiquité, Rome était réputée pour le vacarme et la "cohue" (pour ne pas employer le terme anachronique d'embouteillage) de ses rues. Passons directement au Moyen-Age,d' où nous parvient cette anecdote au sujet du Roi Philippe Auguste, qui, "un jour de l'an 1185 mit le nez à la fenêtre pour respirer l'air du soir. On n'eut que le temps de happer au vol sa majesté qui s'effondrait, asphyxiée par les relents nauséabonds de la chaussée. "Chaussée" est d'ailleurs un euphémisme insensé pour désigner un cloaque effrayant, fait de boue pétrie d'excréments et d'ordures, de flaques putrides et de monceaux de détritus où se vautraient les porcs, et ripaillaient les rats."

Plus près de nous, un édit de François 1er (1539) précise : "il sera désormais défendu aux chariots, charrettes, braquets, tombereaux et chevaux, de lutter de vitesse, de faire demi-tour dans les rues, ailleurs qu' aux carrefours et coins des-dites rues."

Un siècle plus tard, en 1660, Boileau écrit ces quelques vers, en alexandrins :

"Là sur une charette une poutre branlante  Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente ;

Six chevaux attelés à ce fardeau pesant  Ont peine à l'émouvoir sur ce pavé glissant.

D'un carrosse en tournant il accroche une roue,  Et du choc le renverse en un grand tas de boue :

Quand un autre à l'instant s'efforçant de passer,  Dans le même embarras se vient embarrasser.

Vingt  carrosses bientôt arrivant à la file  Y sont en moins de rien suivis de plus de mille."

Dans Satire et Epitres.

Nous poursuivons ce tableau par un rapport beaucoup moins poétique du Corps des Ponts et Chaussées au préfet de la Seine (1892) :

"Tout le monde sait combien à certaines heures et sur certains points de Paris la circulation est difficile. Nous avons établi que dans la Rue de Rivoli, en face du N° 156, les voitures circulant sur quatre files doivent s'écouler à raison de 16 à 20 par file et par minute à certains moments de la journée. Si l'oin fait attention aux différences de vitesse des véhicules, à la lenteur de la marche des fardiers, des charrettes et tombereaux lourdement chargés, aux arrêts des omnibus, aux accidents qui se produisent dans un tel fourmillement de chevaux et de voitures, on a peine à comprendre comment ce résultat puisse être obtenu : en revanche, on sait très bien au prix de quelles pertes de temps et de quelles difficultés".

Circulation années 1920 L'arrivée de l'automobile ne va rien arranger, bien au contraire, comme le constate un quotidien en 1924 : "Aux Champs-Elysées, à l'Etoile, comme au Rond-Point ou à la Concorde, l'embouteillage atteint des proportions alarmantes. Paris est actuellement un vase clos où l'on introduit des voitures sans tenir compte des possibilités réelles. Les boulevards, nos grands carrefours, nos artères centrales sont massacrés. Il est temps de songer à un remède énergique car cette paralysie des transports engendre des retards graves et risque de ralentir l'intensité des échanges."

Finalement, nos embouteillages d'aujourd'hui ne sont pas si terribles...

Nous y sommes : Les voitures et autres camions en ville, tout comme les carrosses et tombereaux d'autrefois, sont nécessaires à la vie de la ville. Mais sans régulation, ils deviennent de sérieuses nuisances qui asphyxient les villes et les paralysent. Alors, que faire ? Entre perpétuelle attirance et répulsion, comment résoudre l'équation impossible...? La ville doit-elle s'adapter à la voiture, ou la voiture s'adapter à la ville...?

Nous allons voir que la réponse donnée a fortement varié depuis les débuts de l'automobile...

2. Les premières automobiles : pas vraiment bienvenues...

Comment percevait-on au tout début du XX ème siècle les premières "voitures à moteur" ? Fort mal, justement. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui combien les premiers temps de l'automobile furent difficiles. Bruyantes, imprévisibles, parfois aussi incontrôlables car presque dépourvues de freins, soulevant des nuages de poussière sur des routes non goudronnées, affolant les animaux : les premières automobiles ne furent pas bien accueillies par la population, et encore moins par les villes, qui rivalisèrent d'imagination pour faire barrage à ce nouveau fléau. Numériser0005 On se plaint de certaines règles contraignantes aujourd'hui...mais ce n'est rien comparé à ce que nos pionniers ont dû subir en ce début de siècle. A Bergerac, par exemple, le maire met en place une réglementation stipulant que les conducteurs, au même titre que les cyclistes, sont "tenus de mettre pied à terre et de conduire leur machine à la main". On imagine fort bien la scène...

Le maire de St-Ouen-l'Aumone décida pour sa part de limiter la vitesse des véhicules à moteur à ...8 km/h. Ce n'est rien par rapport au maire de Trouville, qui limita cette dernière à 4 km/h ! Ce ne sont que deux exemples parmi des dizaines d'autres.

Lyon comptait en ce début de siècle pour une ville particulièrement autophobe. L'octroi, péage urbain avant l'heure y est pratiqué avec un zèle bureaucratique si insupportable que le ministre de l'Intérieur dut intervenir pour faire cesser cette pratique. Un journaliste parisien proposa même un itinéraire évitant Lyon pour les chauffeurs se rendant dans le midi.

Certains maires proposèrent d'utiliser des barres métalliques, d'autres des planches à clous, certains mirent en place des panneaux "caniveaux dangereux"...l'imagination n'a pas de limite, mais l'objectif reste le même : éviter que ces nouveaux "fous du volant", peu enclins à respecter des règles de la route à peine définies et souvent méconnues, ne roulent trop vite en ville...louable intention, mais procédés excessifs.

Malgré tout, la puissante cause automobile eut le dessus, et peu à peu, l'auto se fit une place dans nos villes, déjà encombrées par les nombreux transports collectifs (tramway, bus) présents depuis longtemps.

3. L'auto envahit les villes

Les années 20 et 30 virent le parc automobile augmenter considérablement. La circulation dans les villes relevait de plus en plus de l'anarchie la plus complète. Les forces de l'ordre étaient débordées, les accidents fréquents. Le préfet Chiappe mit en place en 1927 les premiers passages "cloutés" afin de permettre aux piétons de traverser sans risquer leur vie à chaque coin de rue...

Paris pendant l'occupation La voiture va provisoirement presque disparaître des grandes villes françaises, pour cause de guerre, et surtout de pénurie d'essence, laissant la place aux vélos et piétons : ceux qui ont vécu cette période sombre de notre histoire se souviennent souvent de cette impression laissée par une ville sans bruit sans trafic, et qui semble comme endormie...

Une fois la guerre passée, les frustrations liées aux difficultés de déplacement et la quasi absence de transport individuel vont engendrer un formidable essor de l'industrie automobile, véritable pierre angulaire de la reconstruction économique du pays. Qui dit alors voiture dit voiture populaire et grace aux 2 CV et autres 4 CV, les français redécouvrent la liberté de déplacement et les joies du voyage, même si les conditions de confort, de vitesse et de route de l'époque nous sembleraient inacceptables aujourd'hui.

Numériser0006 Les villes pendant un temps débarrassées des voitures vont petit à petit se remplir à nouveau. Le nouvel idéal social est d'avoir sa voiture et de l'utiliser pour se déplacer, même en ville. Le traditionnel bras de fer entre le train et l'auto va tourner court, même si cette dernière, toujours considérée comme un produit de luxe par l'administration, est déjà assez lourdement taxée. Les 30 Glorieuses, période d'intense développement économique, vont accorder une place croissante à l'automobile, tout en négligeant pendant longtemps de moderniser les infrastructures routières et urbaine. Les problèmes de circulation vont petit à petit se multiplier. La voirie verra petit à petit disparaître les tramways, démodés par une automobile tellement plus pratique et confortable, et autrement plus valorisante. Pour la première fois, les transports en commun régressent face à cette déferlante à 4 roues. Désormais, la ville va devoir s'adapter à la voiture, dont la montée en puissance semble incontournable...


A suivre...

Notre meilleur ennemi

Globe_east_2048NASA Il représente 0.039% de notre atmosphère : 96,5 % est d'origine naturelle, et 3,5 % d'origine humaine. C'est un des gaz essentiels à l'effet de serre qui permet la vie sur terre mais dont le dérèglement probable perturbe le climat mondial Le CO2, autrefois considéré comme anodin pour l'homme est donc à présent devenu son ennemi public numéro 1. Tout être humain qui respire émet du CO2. Toute combustion, qu'elle soit naturelle ou issue des activités humaines en émet. Et pourtant...

Aujourd'hui, la médiatisation à outrance a engendré son corollaire de comportements excessifs et de contre-vérités assénées avec aplomb. Qui peut-être contre la préservation de l'environnement ? Personne. Dès lors, il suffit de prendre la parole pour que le message délivré devienne parole d'évangile, inattaquable, invérifiable. La tentation de manipulation, volontaire ou non de l'opinion publique, est pour certains irrésistible. Le CO2 est partout : comme il est tentant de l'utiliser pour Effet de serre tout critiquer, vouloir changer ce qui dérange, mettre le doute, rendre mal à l'aise chacun et chacune d'entre nous, dans chacun de ses actes, même les plus anodins. Aujourd'hui, dès qu'il fait trop chaud, c'est le réchauffement climatique. Dès qu'il fait trop froid, c'est aussi le réchauffement climatique ! Il suffit de regarder le journal télévisé, ou bien la météo pour s'en rendre compte : le CO2 est l'allié du catastrophisme journalistique, terriblement tendance en ce début de XXI ème siècle. Pas un jour sans un reportage sur une initiative bonne pour l'environnement, comme par exemple le moteur à eau, ou la fosse à purin géante pour produire son gaz soi même (deux exemples authentiques).

La réalité est beaucoup moins triviale. Le fait d'attaquer quelques bouc émissaires pour se donner bonne conscience à bon compte (grosses voitures, transport aérien, et autres symboles faciles) ne résoudra pas l'immense problème Trafic de la pollution d'origine humain ; La chasse au CO2, devenue presque obsessionnelle, occulte aujourd'hui une bonne partie des vrais enjeux environnementaux. Car le principal danger, ne l'oublions pas, est aujourd'hui à rechercher dans la pollution atmosphérique d'une part, et la pollution des sols et cours d'eau d'autre part. Le CO2 (qui n'est pas un polluant, contrairement à ce qu'on lit et entend à longueur de journée) n'y joue absolument aucun rôle. Pourtant, il suffit aujourd'hui de s'attaquer au CO2 (louable intention) pour se donner bonne conscience, et passer pour un ami de la planète. Et ce même si vous polluez abondamment et surtout en silence...

L'exemple français est particulièrement révélateur de ce système de pensée. Le système de bonus malus en est une bonne illustration. Mis en service en janvier, il ne s'attaque qu'aux émissions de CO2, en taxant les gros véhicules, et en accordant un bonus aux petits (pour faire simple). Et les polluants ? pas concernés. Le diesel est plus énergétique que l'essence, et émet donc moins de CO2. JDA Tant mieux : il est très favorisé par le système de bonus/malus. Sur les trois premiers mois de l'année, plus de 75% des voitures vendues étaient des diesels ! Par contre, il pollue beaucoup plus que l'essence, avec en particulier des émissions d'oxydes d'azote (très irritant) et les particules (cancérigènes). Mais ça, c'est comme le nuage de Tchernobyl, c'est nocif partout sauf sur le territoire français. Effet pervers supplémentaire, les véhicules équipés de filtre à particule émettent quelques grammes de CO2 en plus, et sont souvent plus taxés que les véhicules équivalents qui en sont dépourvus. Les Allemands, eux, ont choisi de s'attaquer aux polluants en interdisant les centres-villes aux ...moteurs diesels les plus anciens : bizarre, non ?

Autre effet pervers, les français, très habiles pour profiter des incitations fiscales, ont détourné le système en prime à l'achat de petite voiture urbaine (et en plus diesel), dont les ventes ont explosé. Moi qui croyait que la grande tendance, c'était la ville sans voiture ! J'avoue ne plus bien comprendre la logique de tout cela.

La volonté d'utiliser au mieux l'énergie disponible, et avec l'empreinte la plus faible possible pour l'environnement est la vraie priorité de nos sociétés modernes. Cela passe par la chasse au CO2, bien évidemment, mais pas seulement.

Pollution en chine L’industrie, qui doit relever le nouveau défi du développement durable, y trouve à la fois une vraie opportunité de nouveaux débouchés mais aussi une forte incitation à redoubler d'efforts de recherche et de développement. Les entreprises sont faces à une révolution énergétique et à une nouvelle révolution industrielle. Le rôle des institutions, européennes en particulier, sera déterminant pour faire en sorte que les nouvelles règles environnementales et d'émissions s'appliquent à tous, afin d'éviter des distorsions de concurrence insoutenables. C'est malheureusement plus facile à dire qu'à mettre en place. Il faut très rapidement que la lutte contre le changement climatique soit mondiale, et non réservée à quelques zones ou états vertueux, sinon, les efforts seront inutiles. L'Organisation Mondiale du Commerce a un rôle majeur à jouer pour cela.

Quant à l'automobile, que je connais disons un peu, c'est un exemple d'industrie responsable, n'en déplaise aux "anti-bagnoles" primaires.

Evolution emissions Parlons des polluants, trop souvent oubliés. Depuis les années 70, les émissions d'hydrocarbures imbrûlés ont baissé de 96,3 %, celles de monoxyde d'azote de 97,6 %, celles d'oxydes d'azote de 97,8 %. La plupart des grands constructeurs investissent aujourd'hui massivement pour résoudre l'équation impossible de la voiture sûre, propre, et économique. Ce n'est pas en montrant du doigt l'outil que dont des millions de personnes ont besoin pour se déplacer tous les jours que nous ferons avancer le débat. Le maire de Londres, "Ken le Rouge", qui vient de perdre les élections municipales, vraissemblablement en partie à cause de ses positions extrêmes sur l'automobile, l'a appris à ses dépends. Faire un péage urbain pour protéger son territoire, et engendrer tout autour une augmentation de la pollution, est contre-productif. La pollution est un problème global qui nécessite un traitement global. Déplacer le problème à quelques kilomètres du centre-ville ou chez le voisin est un remède pire que le mal.

Prius_1 Comme par le passé, l'automobile est prête à faire d'immenses efforts pour réduire les émissions de CO2 et de gaz polluants. Des progrès importants seront réalisés à court terme, avec l'hybridation, l'amélioration des moteurs à combustion, la réduction du poids et de la consommation des équipements embarqués. A plus long terme, le tout électrique, l'hydrogène, sont des solutions envisageables, mais qui ne manqueront pas de soulever d'autres problèmes de stockage ou encore de recyclage. Peut-être verrons nous apparaître également de nouveaux carburants verts compétitifs (à base de bio-masse), et non issus de cultures destinées à l'alimentation, qui alimenteront notre immense parc de moteurs à explosion. Mais quelle que soit la (les) solution (s) d'avenir retenues, arrêtons de stigmatiser l'automobile, elle ne le mérite pas. Arrêtons également de nous acharner sur quelques symboles de ce rêve automobile, modèles sportifs et autres berlines de luxe... Leur contribution en terme d'émissions est totalement marginale, de l'ordre de quelques dixièmes de %. Arrêtons enfin de taxer de manière différente la tonne de CO2en fonction de son origine. En 2015, le projet de réglementation de la Commission européenne valorise la tonne de CO2 d'un véhicule dépassant le plafond d'émission sur un an ou 20.000 km à 475 euros pour le constructeur, somme à laquelle s'ajoutent les diverses taxes CO2 mises en place dans les différents pays, portant le total à parfois plus de 1.000 euros la tonne. A titre de comparaison, la tonne de CO2 est valorisée à 33 euros pour les industries chimiques, métallurgiques et les cimenteries. Quant à la tonne de CO2 issue du transport aérien, elle peut être compensée "volontairement" par les passagers de certaines compagnies au tarif imbattable de 6 euros la tonne (émissions par personne pour un Paris/New York A/R : 1,1 tonnes), à qui on promet de "voler neutre" en carbone. A ce prix là, aucune hésitation, je prends l'avion...

Témoignage Citroën : "Ce n'est pas parce qu'on a fait des études de chimiste qu'on reste chimiste toute sa vie !"

Boris Gonzalez fait partie de ces anciens qui "ont compté" dans l'histoire très riche de la maison Citroën. Entré en 1956, il y fit une belle carrière et gravit progressivement tous les échelons jusqu'à devenir Directeur du Produit de PSA.  Loin de rester inactif après son départ en retraite en 1992, il devint alors président de l'association "L'amitié continue", qui regroupe les retraités du groupe, dont plusieurs centaines de cadres ainsi que plusieurs Directeurs Généraux.

Monsieur Gonzalez m'a reçu chez lui, et je vous livre son précieux témoignage, qui apporte un éclairage particulier sur la marque, sa "culture maison", son âge d'or, puis ses difficultés à partir des années 70.

Citroen Comment se sont passés vos débuts chez Citroën ?

"Je suis rentré chez Citroën le plus simplement du monde, en répondant à une petite annonce. Il y avait à l'époque une pénurie de cadres et un jeune diplômé comme moi recevait plus de dix propositions d'embauche !

Ayant fait des études de physique et chimie, on m'a confié la création d'un labo de métallurgie afin le travailler sur les nouveaux alliages, les revêtements de surface et toutes les problématiques liées à l'utilisation de métaux dans la production ou l'usinage des pièces mécaniques. On me donna un budget de fonctionnement, mais je n'avais ni équipe, ni local : je me suis mis au travail, et j'ai rapidement donné satisfaction, ce qui m'a permis de récupérer des hommes et un labo ! Ce dernier se développa et devint progressivement le laboratoire unique du groupe PSA, avec l'intégration des laboratoires de Belchamps et de Sochaux.

On ne manquait pas d'idées chez Citroën à l'époque, et on bénéficiait d'une grande liberté. On m'avait par exemple demandé de monter un système pour suivre l'usure des outils coupants par la radioactivité que l'on recueillait dans l'huile de coupe, avec un marquage aux isotopes. Les recherches ont malheureusement capoté rapidement.

Atelier_bertoni J'ai installé mon premier labo Rue Balard, puis j'ai obtenu une surface plus importante Rue du Théatre. On m'a installé à côté du bureau de Bertoni. La cohabitation fut parfois difficile ! Un jour, mon Chef d'équipe préleva une éprouvette de contrôle dans le bain de métal en fusion, verse le métal, puis l'éprouvette lui échappe des mains et atterrit dans le bureau de Bertoni, de l'autre côté de la cloison : ce dernier était furieux...

On m'avait demandé d'installer des fours de fusion d'acier afin d'étudier l'acier au plomb dans le but de faciliter l'usinage. J'utilisais le même monte-charge que Bertoni pour monter mes gueuses de fonte. Il fallait le prévenir la veille des livraisons. Lorsque le matériel arrivait, nous traversions le bureau des stylistes, qui se tenaient tous au garde à vous, à côte de leurs modèles soigneusement recouverts d'un morceau de tissus ! Le secret du bureau de style était une règle absolue, et ni moi ni mon équipe n'avons jamais vu de prototype ou de projet secret...

Lorsque j'ai quitté le labo, celui-ci employait 95 personnes. Nous avons à l'époque beaucoup travaillé sur les traitements de surface. Citroën s'intéressait de près au moteur rotatif qui posait de gros problèmes de métallurgie. Il y avait deux zones sensibles : le revêtement de la trochoïde et les segments d'arête du rotor. Nous rencontrions des problèmes de contact et d'usure. On détruisait le moteur en quelques centaines de kilomètres. Rotor_et_trochode_2 Les trochoïdes étaient recouverts d'un chromage ou d'un nickelage. Le nickel était  chargé de particules de carbure de silicium pour résister à l'usure mais le revêtement s'écaillait au niveau des trous de bougies. Nous avons reçu un nouveau revêtement par l'intermédiaire de NSU, notre partenaire qui travaillait également sur les moteurs rotatifs. Ce revêtement s'appelait le Nikasil. Nous l'avons ensuite retravaillé et suffisamment développé pour déposer plusieurs brevets et lui donner un nouveau nom : le "Citrasil" : grâce à ce dernier, nous avons résolu nos problèmes d'usure et sorti le moteur de série, tout d'abord sur le M 35 puis sur la GS birotor. C'était une expérience passionnante...."

A la fin des années 60, des rumeurs faisaient état de rachat de Citroën par Fiat ? Avait-on des raisons de s'inquiéter ?

"Oui, biensûr. Mais ce que l'on sait peu, c'est que Citroën croyait encore pouvoir manger Fiat. Je peux vous le dire. Un jour, vers 1985, j'étais à Turin pour la présentation d'un nouveau produit quand M. Agnelli arrive avec son hélicoptère. Il engage la conversation et, sachant que je travaillais chez Citroën, il me dit : "Ah, Citroën, quel dommage qu'on ait pas fait affaire. Ce n'est pas de ma faute, c'est Bercot (PDG de l'époque) qui voulait tout commander, je ne pouvais pas accepter". La situation financière de Citroën était déjà difficile mais il croyait pouvoir s'imposer...Par la suite, Citroën et Fiat développèrent une collaboration fructueuse.  Comme j'étais bilingue français/italien, je me suis  occupé des relations avec Fiat pour le développement de projets communs. Le première modèle fut l'utilitaire C 35. C35_2Fiat devait étudier la carrosserie, et nous la mécanique. Lorsqu'ils nous ont présenté les premiers résultats, nous leur avons répondu que c'était beaucoup trop cher à produire. Ils ont répliqué que si nous étions si forts, nous devrions le faire nous même, et c'est ce qui s'est passé : nous avons appelé M. Franchiset, ingénieur de génie qui avait mené le projet du type H, et qui devait partir sous peu en retraite. Il  a constitué une équipe réduite, avec d'ailleurs plusieurs dessinateurs italiens de chez Fiat, et nous avons finalement fait la carrosserie, et quasiment toute la mécanique. Le C 35 fut ensuite produit chez Fiat à Turin, mais c'était un modèle presque complètement développé par Citroën. Par la suite, les relations de travail ont été excellentes...et rentables pour nos deux groupes ! "

Vous avez eu à faire à Bercot ?

"Bercot était, disons, assez particulier. Je l'ai peu côtoyé. Un jour, alors que j'étais encore en charge du labo de métallurgie, Citroën s'apprêtait à prendre le contrôle de Maserati. La SM était déjà en cours de Maserati_2développement et il lui fallait un moteur. Les émissaires techniques qui avaient été envoyés pour évaluer Maserati étaient revenus assez épouvantés par ce qu'ils avaient vu qui s'apparentait plus à un garage qu'à un constructeur automobile. Il y avait cependant des ouvriers très qualifiés du côté de la chaîne de montage des moteurs. Bercot m'appelle, il était en compagnie de A. Brueder, son inséparable adjoint. Il m'explique qu'il y avait tout à faire en métallurgie, et qu'il fallait y installer un labo et un traitement thermique en vue de produire des moteurs pour la SM, car il n'y en avait pas. Je lui demande quelles cadences il prévoyait afin que je dimensionne les futures installations. Il me répond, imperturbable : "vous partez sur un minimum de 350 unités/jour, et vous verrez, on en manquera." Il y croyait à la SM, et faisait preuve d'un grand optimisme..."

Qu'avez-vous fait après après avoir monté le labo de métallurgie ?

"Après le départ de Bercot en 70, une nouvelle équipe de Direction est constituée autour de Raymond Ravenel. C'est ce dernier qui va me proposer la Direction du personnel des études (ingénieurs et techniciens). Je suis tombé en plein déménagement du bureau d'études pour les nouveaux locaux de Vélizy. Puis en 1971, Ravenel me convoque à nouveau. Citroën n'allait pas bien, il y régnait une certaine désorganisation, et Ravenel me proposa de créer le service organisation. C'était aussi ça l'esprit maison : ce n'est pas parce qu'on a fait des études de chimiste qu'on reste chimiste toute sa vie !

C'était un job passionnant : on me soumettait toutes sortes de problèmes d'organisation, au siège et en usine. Par exemple, la création du premier service produit, en charge du cahier des charges de chaque nouveau véhicule, de la conception au lancement. Avant, tout cela se faisait au bureau d'études, ce qui parait incroyable aujourd'hui !

On m'avait dit : "il faut faire un plan, et qu'on le suive" : j'ai donc créé la Direction Plan Programme Organisation".

Quelles étaient vos relations avec le Bureau d'études ?

"Bonnes. J'ai toujours été prudent et ménagé ceux qui créaient. Je leur faisait comprendre que le cahier des charges avait surtout un objectif de coût et de délai. Nous avions fait l'acquisition de l'une des premières machines à commande numérique Alfa 3D afin de réaliser des maquettes numériques. Sinon, la carrosserie se faisait encore à l'époque (début des années 70) à la planche à dessin avec des ingénieurs carrossiers, souvent à l'échelle 1. Je me souviens qu'ils étaient peu nombreux."

Quelle était la situation de l'entreprise au début des années 70 ?

"On est entré dans les années difficiles, et les caisses étaient vides. Les programmes de fabrication se faisaient chez moi, et dépendaient de l'activité commerciale. Lorsque les premières limitations de vitesse ont été annoncées, les ventes de GS ont été divisées par deux, celles de la SM ont baissé de 60%, et celles de la 2 CV ont été multipliées par deux. L'outil industriel était bien sûr incapable de s'adapter : ça a été catastrophique. L'usine de Levallois, qui produisait la 2 CV, était limitée en capacité, et installée en plein centre-ville.

Ravenel_et_rollier La situation empirant, Michelin décida de s'occuper un peu plus de Citroën. Ils ont envoyé une petite équipe avec F. Rollier, co-gérant de Michelin et cousin de F. Michelin, J.C. Tournand, responsable du personnel, et un gestionnaire. C'était vers 1972. On tenait des réunions difficiles car l'activité n'allait pas fort. Même François Michelin venait de temps en temps lui-même y assister. Son idée fixe était : comment refaire une 2 CV des années 70 ? Il avait été très marqué par la 2 CV...

Puis ce fut la reprise par Peugeot. Les négociations furent difficiles. Mais une fois la reprise finalisée, le nouveau patron de Citroën, Taylor, comprit assez rapidement ce qu'était l'esprit maison, et il est rapidement devenu "très Citroën". Malgré cela, les nouveaux produits étaient marqués par le coup de frein de la crise. La LN ne brillait pas par son originalité. La CX marchait bien, mais avait été développée avant. La Visa avait souffert de l'absence de styliste de talent. BxPuis vint la BX, un véhicule dont j'ai été responsable de A à Z. Un vrai succès et une très bonne voiture. Les faiblesses de l'équipe de style interne a conduit R. Ravenel à mettre ce dernier en compétition avec des designers extérieurs. j'ai à sa demande contacté Bertone en Italie, qui a signé le style de la BX, puis plus tard de la XM.

Après mon intermède au produit PSA, je suis revenu chez Citroën où j'ai créé DMP, la Direction Marketing Produit, qui s'appelle aujourd'hui DPMC : Direction Produits Marchés Citroën. Je me suis beaucoup occupé à l'époque, entre 78 et 92 de notre partenariat avec Fiat, qui a très bien fonctionné, en particulier pour les utilitaires, et qui nous assuré une bonne rentabilité."

Que pensez-vous de la GS ?

Citroen_gs_x_1975_30 "Je n'ai pas été impliqué dans son développement. Je sais que les études ont été menées tambour battant, après l'échec du projet F. Il n'aura fallu que trois ans des premières esquisses au modèles de série, moteur compris ! J'ai toujours considéré que c'était un modèle très réussi ; elle a fait une très belle carrière, sans diesel et avec une seule motorisation. L'architecture générale et la répartition des masses étaient parfaits."

L'AX était une bonne voiture, intéressante à plus d'un titre, pourquoi n'a-t-elle rencontré qu'un demi succès ?

"Citroen_ax Elle avait été développée après la première crise pétrolière et à l'époque, j'étais persuadé qu'il fallait faire une voiture légère et économique, consommant peu. Malheureusement, elle est sortie à un moment où les attentes du marché ont changé, les consommateurs demandant désormais des voitures plus sures, mieux finies. L'AX était très économique, mais avait en contrepartie une finition légère, une carrosserie fragile et un confort vibratoire et sonore moyen...En plus, nous avons été frileux en terme de style : une des trois maquettes présentées, non retenue, ressemblait comme deux gouttes d'eau à la Twingo, sortie quelques années plus tard."

Comment expliquer les problèmes de fiabilité de la XM au lancement ?

"Nous avions de grosses ambitions. Mais nous avons trop fait confiance à l'électronique qui démarrait. A l'époque de la DS, toutes les innovations fonctionnaient sans électronique, il faut le souligner. Le bureau d'études avait même développé un ABS qui fonctionnait parfaitement, mais sans électronique. Le manque de moyens financiers nous empêcha de le commercialiser, et les allemands l'introduisirent peu après, mais cette fois, avec électronique.

Xm_3 Mais revenons à la XM. Il y avait plus de 2.000 contacts sur la voiture. Nous avions interrogé Radial et Souriau, deux entreprises spécialisées dans la câblerie électrique. Ils nous ont répondu qu'ils savaient faire des contacts fiables, en utilisant les mêmes que pour l'industrie aéronautique. Mais c'était très cher et nous avons renoncé. Avec le recul, il aurait certainement fallu accepter, et vendre la voiture plus cher. Peugeot a eu exactement le même problème."

Vous avez "vécu" Citroën de 1956 à 1992. Quelle était la culture maison dans les années 60/70 ?

"Il y avait une énorme liberté données aux cadres et aux "créatifs". Il y avait aussi une vraie volonté d'être leaders. C'était une société très franco-française à l'époque. La France des années 50/60 était un marché porteur pour le très bas de gamme et le haut de gamme, ce qui allait bien à Citroën. Mais quand les classes moyennes ont émergé, au milieu des années 60, et que les constructeurs ont développé des voitures de milieu de gamme, Pierre Bercot refusa catégoriquement de faire pareil, car Citroën, disait-il, ne fait pas de "voitures moyennes". C'était une erreur, rattrapée de justesse par la conception et le lancement en catastrophe de la GS, dont la mise au point fut, une fois de plus effectuée par les premiers cli